Lire une semaine de prévisions et trouver la bonne fenêtre
Tu surfes déjà et tu veux choisir ton jour. Houle et mer de vent, l’énergie, le fetch, une semaine lue d’un coup, et pourquoi deux spots voisins ne marchent pas le même jour.
Houle et mer de vent
La table de la semaine montre deux choses dans les vagues : la houle, qui vient de loin, et la mer de vent, levée par le vent du jour. La hauteur totale est la somme des deux, et c’est elle que beaucoup de sites annoncent.
Les deux ne se valent pas. Tonnr les montre à part : la houle seule dit ce qu’il y aura à surfer, et la mer de vent dit si ce sera propre. Deux mètres annoncés dont un mètre de mer de vent, c’est un mètre de houle dans le désordre.
Regarde d’abord la ligne de la houle, puis sa période. Puis demande-toi ce que le vent ajoute : s’il est faible ou offshore, rien ; s’il souffle de la mer depuis des heures, une mer de vent qui hache tout.
| Hauteur | Période | |
|---|---|---|
| Houle | 1,2 m | 13 s |
| Mer de vent | 0,3 m | 5 s |
| Total | 1,2 m | – |
La houle reste à 1,2 m et 13 s. Monte le vent local : la mer de vent s’ajoute, et le total grossit sans que la session s’améliore.
À retenir : La hauteur totale ment ; la houle seule dit la session.
L’énergie
Hauteur et période se lisent ensemble, et un chiffre les tient : l’énergie, que la table de la semaine écrit en kilojoules par mètre de crête. Elle grandit avec le carré de l’une et le carré de l’autre.
1 m à 14 s porte autant d’énergie que 2 m à 7 s. La première est une houle propre qui va se dresser au bord ; la seconde, une mer courte qui s’écroule. À énergie égale, la longue période gagne toujours.
Sur un spot que tu connais, note l’énergie des jours qui t’ont plu. C’est souvent un meilleur repère que la hauteur, parce qu’elle ne change pas de sens d’une houle à l’autre.
1 m à 14 s et 2 m à 7 s font toutes deux 384 kJ/m. Glisse les deux curseurs : la période pèse autant que la hauteur.
À retenir : Deux chiffres en un : à énergie égale, prends la période la plus longue.
Le fetch
Une houle naît d’un vent qui souffle longtemps, fort, dans la même direction, sur une grande étendue d’océan : le fetch. Plus le fetch est long et le vent fort, plus la houle est grosse, et plus sa période est longue.
Une fois lancée, la houle voyage seule, et les longues périodes vont plus vite : une houle de 15 s avance à près de 1 000 km par jour. C’est pour ça qu’une tempête de l’autre côté de l’Atlantique s’annonce quatre ou cinq jours à l’avance, et qu’une dépression qui passe près de la côte lève une mer courte sans prévenir.
Sur la carte, une tache rouge au large, c’est une tempête ; la couleur qui gagne vers la côte les jours suivants, c’est sa houle qui arrive, rangée par la distance.
La plage est à 2 000 km. Force le vent et allonge le fetch : la houle grossit, sa période s’allonge, et elle arrive plus vite.
À retenir : Une longue période, c’est une tempête lointaine : elle se voit venir plusieurs jours avant.
Lire une semaine
Une semaine se lit d’un coup : d’abord la houle et sa période, jour par jour, pour voir quand ça rentre ; puis le vent, heure par heure, pour voir quand ça reste propre ; puis la marée, pour choisir l’heure.
La bonne fenêtre, c’est quand les trois se croisent : assez de houle, une période qui tient, et un vent sous 10 nd ou offshore. Souvent ça dure trois heures, pas une journée : le matin avant que la brise se lève, ou le soir quand elle tombe.
C’est exactement ce qu’une alerte de Tonnr surveille à ta place : tu dis ce que ton spot aime, elle lit la semaine et te prévient la veille au soir.
Fais défiler les trois jours : les heures qui marchent sont marquées sous les barres. Cherche quand la houle est là et que le vent dort encore.
À retenir : Cherche l’heure, pas le jour.
Deux spots voisins
Deux spots à cinq kilomètres l’un de l’autre ne marchent pas le même jour, et c’est normal. Chacun a sa fenêtre, son exposition, son fond et sa marée.
Une plage tournée vers l’ouest prend tout ce qui vient de l’Atlantique et sature vite. Une crique tournée vers le sud, derrière une pointe, ne reçoit que les houles qui tournent, par réfraction, et reste surfable quand la plage est fermée. Le même vent y est side-shore ici, offshore là.
C’est le jeu : quand ça ferme sur l’exposé, l’abrité s’allume. La page de chaque spot dit ce qu’il aime ; compare-les avant de charger la voiture.
Tourne la houle : chaque spot a son anneau. Une houle de nord-ouest allume la plage ; une houle de sud-ouest réveille la crique.
À retenir : Quand ton spot ferme, son voisin abrité s’ouvre peut-être.
Tu sais lire la phrase.
Trouve ton spot, lis ce que la mer y fait en ce moment, et quand tu sais ce qu’il aime, Tonnr te prévient.
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